Voyages en solo

Solo en voyage : location de vacances ou camping, quel est le meilleur choix ?

Le camping solo n'est pas une version au rabais de la location de vacances : c'est une aventure radicalement différente, 2 à 3 fois moins chère et plus sociale. Après des semaines de test des deux formules, voici un comparatif sans langue de bois qui a un vrai gagnant – sauf pour le confort. Prêt à changer votre façon de voyager seul ?

Solo en voyage : location de vacances ou camping, quel est le meilleur choix ?

Sept heures du soir, un lundi de juillet. Je suis assise sur un emplacement de camping en Vendée, une canette de soda tiède à la main, et je regarde un couple de retraités installer leur barnum avec une précision chirurgicale. C'était ma troisième semaine de voyage solo en camping, après deux années passées à enchaîner les locations de vacances en ligne, et je venais de comprendre quelque chose d'important : le camping solo n'est pas une version dégradée de la location de vacances. C'est une expérience radicalement différente, avec ses propres règles, ses propres pièges, et surtout ses propres économies.

J'ai testé les deux formules en solo, sur des durées comparables, et je vais vous livrer un comparatif honnête. Pas le genre d'article qui vous dit "tout dépend de vos besoins" et qui ne conclut jamais. Non. Après des semaines à dormir sous tente, en bungalow, et dans des studios loués sur des plateformes, j'ai des chiffres, des anecdotes et un avis bien tranché. Spoiler : le camping a gagné sur presque tous les tableaux, sauf un.

Points clés à retenir

  • Budget : le camping coûte en moyenne 2 à 3 fois moins cher qu'une location de vacances, même en comptant l'achat du matériel.
  • Rencontres : un camping solo offre des opportunités de contact bien plus naturelles qu'une location isolée.
  • Confort : la location l'emporte pour le sommeil, la douche et l'autonomie énergétique.
  • Liberté : le camping permet de changer de lieu sans pénalité, de prolonger un séjour, de suivre le soleil.
  • Sécurité : informer un proche de votre destination est essentiel, surtout en solo, quel que soit l'hébergement.
  • Le vrai critère : votre rapport à la solitude et au confort matériel, pas votre budget.

Le budget : où va vraiment votre argent en solo

Parlons chiffres, puisque c'est la première question qu'on me pose. En 2025, j'ai passé huit nuits dans un camping 3 étoiles en Ardèche, avec un emplacement tente pour une personne, électricité incluse : 23 euros par nuit, taxes de séjour comprises. La même semaine, dans la même région, un studio pour une personne loué sur une plateforme classique tournait autour de 75 à 90 euros par nuit, plus des frais de ménage de 40 à 60 euros pour un séjour court.

Sur une semaine, l'écart est énorme : environ 160 euros côté camping contre 600 à 700 euros en location. Et ce calcul ignore encore les restaurants — parce qu'en camping, vous cuisinez, et c'est un autre poste d'économie massive. J'ai calculé mon budget alimentaire moyen en camping solo : 9 à 12 euros par jour en cuisinant des pâtes, des conserves, des légumes du marché local. En location, avec la tentation des restos le soir, je dépassais souvent 30 euros par jour. Sur un séjour de deux semaines, l'écart total atteint facilement 400 à 500 euros.

Le seul vrai coût caché du camping, c'est l'équipement de départ. Une tente compacte, un matelas gonflable, un réchaud, une glacière : comptez entre 150 et 300 euros si vous partez de zéro. Mais c'est un investissement amorti dès la deuxième ou troisième semaine de voyage.

Le piège des "petits plus" dans les deux options

En camping, on vous proposera l'emplacement "confort" avec frigo et branchement privatif : comptez 5 à 8 euros de plus par nuit. En location, ce sont les frais de ménage, le linge de maison, la caution qui revient avec un délai. Et la taxe de séjour, présente dans les deux cas mais souvent oubliée dans les devis en ligne. Mon conseil : faites un tableau comparatif complet avant de réserver, pas juste le prix de la nuit.

La vraie différence : solitude et rencontres

Souvent, les personnes qui partent seules en vacances boudent le camping. Elles craignent de se sentir isolées, perdues dans un champ avec des inconnus. J'ai eu exactement cette peur avant ma première expérience. La réalité a été tout autre.

En camping solo, vous êtes seul dans votre tente, mais jamais réellement isolé. Le matin, vous croisez les mêmes visages au point d'eau et aux sanitaires. Vous échangez un "bonjour", puis un avis sur la météo, puis une recommandation de randonnée. Le soir, il y a souvent un espace commun, une table de pique-nique partagée, parfois même une animation. Lors de mon séjour en Ardèche, j'ai fini par dîner trois soirs de suite avec un couple de Néerlandais qui m'a appris à faire du feu sans allumettes. On ne planifie pas ce genre de rencontre dans un studio en ville.

En location, surtout si vous choisissez un appartement isolé ou en résidence calme, la solitude peut être totale. J'ai passé quatre jours dans un charmant mas en Provence sans échanger un mot avec qui que ce soit, à part les commerçants. Pour certains, c'est exactement ce qu'ils cherchent. Pour d'autres, c'est une épreuve. Le camping force doucement la sociabilité ; la location la permet mais ne l'encourage pas.

Et le bruit dans tout ça ?

Le préjugé du camping bruyant a la vie dure. Franchement, tout dépend du type d'établissement et de la saison. En juillet, avec des familles nombreuses et des groupes d'amis, certains campings sont effectivement animés tard le soir. Mais hors vacances scolaires, ou dans les campings nature et les petits terrains à taille humaine, le calme est souvent plus profond qu'en centre-ville ou en bord de route. Mon séjour le plus silencieux de l'année s'est passé sous tente, dans un camping municipal quasi désert en septembre.

Confort et praticité : le point faible (assumé) du camping

Je ne vais pas vous mentir : sur le confort pur, la location de vacances écrase le camping. Un lit, une vraie douche chaude à toute heure, une cuisine équipée, un frigo qui ne dépend pas d'un bloc de glace : tout ça, c'est la location. Après une journée de randonnée, l'idée de glisser dans de vrais draps plutôt que sur un matelas de camping qui se dégonfle légèrement à 3h du matin... Cela a son charme. Mais cela a aussi son prix.

Confort et praticité : le point faible (assumé) du camping

Il y a aussi la question pratique de l'installation. Monter une tente seul, honnêtement, c'est un apprentissage. Ma première fois, il m'a fallu 45 minutes et deux essais pour comprendre le système d'arceaux de ma tente deux-secondes, qui n'avait de deux secondes que le nom. Un an plus tard, j'en suis à 10 minutes chrono. Le conseil que j'aurais aimé lire avant : prévoyez un équipement simple à installer seul et sûr, comme une tente compacte, et entraînez-vous une fois chez vous ou dans le jardin avant le départ.

Peut-on partir seul en camping quand on est mineur ?

C'est une question que je reçois souvent. En France, il n'y a pas de règle nationale unique : certains établissements interdisent strictement de faire du camping pour les mineurs non accompagnés, d'autres l'acceptent à partir de 17 ans, parfois avec une autorisation parentale. Le réflexe indispensable : contacter le camping à l'avance et demander explicitement leur politique. Ne vous présentez jamais sans avoir confirmé par écrit, vous risquez un refus à l'arrivée.

L'organisation logistique en solo

En location, vous arrivez, vous posez vos valises, c'est réglé. En camping, il faut transporter le matériel, le monter, le démonter, gérer l'approvisionnement en glace, les sacs de couchage à aérer. C'est plus de charge mentale, mais c'est aussi ce qui crée le sentiment de voyage. J'ai fini par aimer ce rituel du soir : installer ma lampe, préparer mon réchaud, m'installer dans ma petite bulle.

Et si vous partez en transports en commun, le matériel de camping pèse lourd. C'est un vrai arbitrage à faire : la liberté du camping contre la mobilité de la location. Pour les longs trajets en train, j'ai tendance à privilégier la location ou le camping avec hébergement déjà monté (mobile home, bungalow), ce qui combine un peu des deux mondes.

Le match des services : ce que chaque formule inclut vraiment

La comparaison ne s'arrête pas au prix de la nuit. Les services inclus changent la donne, et c'est là que le camping moderne a fait d'énormes progrès.

Critère Camping Location de vacances
Prix moyen par nuit (solo, basse saison) 15 à 30 € 60 à 100 €
Rencontres Favorisées (espaces communs) Rares, voire nulles
Confort de sommeil Variable (matelas, sol) Élevé (vrai lit)
Cuisine Réchaud, glacière, parfois frigo commun Cuisine équipée
Wifi Souvent payant ou limité Souvent inclus
Piscine / animation Fréquent, parfois inclus Rare, dépend du bien
Flexibilité de durée Élevée (nuits au jour le jour possible) Faible (semaine minimum souvent)
Contact avec la nature Immersion totale Dépend de la localisation
Charge logistique Élevée (matériel, montage) Faible (clé en main)

La localisation joue aussi un rôle clé. Les campings sont souvent situés en périphérie des stations balnéaires ou en pleine nature, parfois à quelques kilomètres des commerces. Une location peut vous placer en plein centre-ville historique, un avantage certain si vous voulez tout faire à pied. Pensez à vos priorités : randonnée, plage, vie nocturne, visites culturelles ?

Mon verdict après des mois de test : quand choisir quoi

Voilà où je veux en venir, et je vais être directe : si vous partez seul avec un budget serré et une envie de rencontres, le camping est le meilleur choix. L'économie est massive, l'expérience humaine est plus riche, et la déconnexion est réelle. J'ai personnellement basculé mes vacances solo en camping depuis deux ans et je n'ai pas regardé en arrière.

En revanche, si votre priorité est le confort matériel, si vous avez besoin d'un vrai lit pour récupérer, ou si vous travaillez en voyage et dépendez d'un bon wifi, la location de vacances reste imbattable. Il n'y a aucune honte à choisir un studio avec terrasse. Ce qui compte, c'est de connaître les vraies différences pour décider en connaissance de cause.

Une dernière chose : dans les deux cas, la sécurité en solo passe par l'information. Prévenez un proche de votre destination et de la durée de votre séjour. C'est le réflexe que je ne néglige plus jamais, que je dorme sous tente ou dans un appartement loué.

Alors, quelle formule vous correspond ? Si vous hésitez encore, posez-vous cette question simple : le soir venu, qu'est-ce qui vous fait le plus envie, la lumière d'un réchaud sous les étoiles ou celle d'une lampe de chevet dans une chambre inconnue ? Les deux réponses sont bonnes. Mais seulement l'une d'elles vous fera économiser plus de 400 euros sur la semaine.

Damien Gauthier

Damien Gauthier

Damien Gauthier exerce le journalisme depuis une dizaine d’années, couvrant trois domaines distincts du voyage : les explorations en solitaire, les séjours en couple et les périples en famille. Son approche, nourrie par des centaines de reportages sur le terrain, privilégie le récit d’expériences vécues et la transmission de conseils pratiques adaptés à chaque type de voyageur. Il partage son temps entre l’enquête sur les destinations méconnues et l’analyse des tendances du tourisme contemporain.

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